D’un côté ou de l’autre du mur…

Lors d’un voyage à Lyon, alors que je pérégrinais sans but, à la recherche d’une image à faire (j’aime à croire occasionnellement que l’on « fait » les photos plus qu’on ne les « prend »), je me retrouvai devant cette question peinte sur un mur: « Pourquoi j’écris sur vos murs ? ». En ce jour maussade d’un avril qui ne tenait pas ses promesses, ce morceau de ville terne et triste, surmonté d’une couche intense de nuages, me décrivit l’âme de l’auteur du tag. La violence que je notai dans cette question, ouvrant la porte à tant d’autres, je pus la teinter d’un pacifisme paradoxal dans la vision du camion, conjointement blanc et auréolé d’une fleur à forte symbolique. Je dus me rendre à l’évidence en abordant comme illusoire l’embellie née de cette présence rassurante. La lueur d’espoir que je crus déceler, entre ciel menaçant et barrière rigide, restait irrémédiablement enfermée dans son improbabilité. Après avoir quitté cet endroit, je continuai de me demander pourquoi il ou elle écrivait sur nos murs; était-ce seulement mon mur d’ailleurs ? A qui l’auteur attribuait-il la coupable propriété de ces frontières bétonnées ? Sans parvenir à me situer d’un côté ou de l’autre du mur, je décidai d’intituler ma série: « Pourquoi j’écris sur vos murs ? ».